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Interview d’alumni #22 : Julien Meyrignac, Urbaniste

INTERVIEWS

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01.16.2026

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Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis Julien Meyrignac, j’ai 55 ans et je suis urbaniste.
 J’ai obtenu une maîtrise de géographie à Université Côte d’Azur en 1992, que j’ai ensuite complétée par un DESS d’urbanisme à Paris-IV Sorbonne.


Pourquoi avoir choisi l’université ? 

J’étais un élève extrêmement médiocre au lycée. J’ai quand même obtenu un bac scientifique avec des notes exécrables dans les matières scientifiques ! J’ai décidé de m’inscrire dans la matière où j’avais eu les meilleures notes : la géographie.


Quels souvenirs gardez-vous de votre passage à l’université ?

J’en ai énormément. D’abord, l’émancipation : j’avais quitté la structure familiale, et pour moi c’était une vraie libération. J’ai découvert l’autonomie et la discipline, les amitiés fortes.

J’ai rencontré la géographie un peu par hasard, mais ce fut un coup de foudre, une grande histoire d’amour.

Dès les premiers jours à l’université, cette matière s’est révélée extrêmement fertile et épanouissante. J’ai vraiment adoré dans tous les enseignements que j’ai reçus à Nice.


En quoi vos études vous ont-elles aidé dans votre carrière actuelle ?

À l’époque, lorsque je suis arrivé à Paris-IV pour mon DESS et que j’ai expliqué que je venais de Nice, j’ai parfois fait face à une forme de condescendance. Il y avait des a priori sur les parcours issus du sud-est de la France.

Avec le recul, je réalise pourtant à quel point mes années à l’université ont été fondatrices. J’y ai acquis une solide culture géographique, une capacité d’analyse des territoires, et surtout une liberté intellectuelle qui m’a permis de penser autrement les enjeux urbains.

L’université m’a appris à structurer ma pensée, à croiser les disciplines et à développer un regard critique des compétences qui se sont révélées essentielles dans mon parcours d’urbaniste, d’entrepreneur et de dirigeant. J’y ai d’ailleurs donné un cours, il y a peu, aux étudiants du Master Géoprade.

Si la reconnaissance institutionnelle n’était pas toujours au rendez-vous à l’époque, la qualité des enseignements, l’ouverture d’esprit et l’autonomie que j’ai développées à Nice ont clairement été des atouts décisifs dans la durée. 

 

À quoi ressemble votre quotidien aujourd’hui ?

Mon quotidien est assez enthousiasmant.
Pendant 23 ans, j’ai développé une société de conseil en urbanisme, un groupe que j’ai créé et qui s’appelle Citadia. Cette période a été très chargée, entièrement dédiée à cette activité. J’ai ensuite cédé ce groupe à la SCET, une société appartenant à la Banque des Territoires.

Au cours des quatre dernières années, j’ai été rédacteur en chef de la revue Urbanisme, la revue de référence en France. J’ai arrêté ces activités au début de l’année 2025.

Depuis, je partage mon temps entre l’enseignement notamment à Université Côte d’Azur (Master Géoprade) et à l’Ecole Camondo à Toulon, des collaborations avec de nombreux professionnels de l’urbanisme, des conférences et interventions, ainsi que des travaux de réflexion et de conseil autour de la pratique de l’urbanisme.

Toutes ces activités m’occupent beaucoup… et me plaisent énormément. J’aime aussi aller à la rencontre des populations pour comprendre leurs besoins et co-construire avec elles les territoires de demain.

 

Y a-t-il quelque chose sans lequel vous n’en seriez pas arrivé là où vous êtes aujourd’hui ?

Je n’en serais pas arrivé là si je dormais beaucoup la nuit !

Mes journées sont très longues, et à l’aube, personne ne vous dérange : ce sont d’excellents moments pour réfléchir et produire. Cette forme d’hyperactivité m’a été très profitable.

Un autre élément a aussi compté : j’ai joué longtemps au rugby, presque quinze ans. Cela a forgé mon caractère, mon esprit d’équipe, mon sens de la compétition. Dans mon parcours d’entrepreneur et de dirigeant, j’ai souvent eu la sensation que cela m’avait beaucoup apporté.


Quel message souhaiteriez-vous transmettre aux étudiants ou jeunes diplômés ?

N’ayez pas peur.

L’époque est très anxiogène. On a l’impression que la société se désagrège.
 Je ne partage pas forcément ce constat.

Et j’ai envie de dire aux jeunes : n’ayez pas peur.


Qu’est-ce qui vous donne envie de vous lever le matin ?

L’envie d’être utile.
 Cela m’a toujours habité : me demander à quoi je sers, ce que je peux faire et agir.


Avez-vous une devise ?

Oui : « Si on veut détourner l’avion, il faut être dans l’avion. »
 Depuis toujours, quand on me dit : « Il ne faut pas faire ça, c’est impossible », ou « Tu n’y arriveras pas », je me dis : j’y vais. Au moins, je serai dans l’avion. Et si un jour je peux détourner l’avion, je le détournerai.

 

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